Le maire s'explique sur la prime versée à l'ex-directeur de Citadis
Les fleurets mouchetés ont été remplacés hier soir par l'artillerie lourde.
Une véritable guerre de tranchées engagée par une opposition qui a saisi au bond un rapport explosif de la Chambre régionale de la Cour des comptes.
Une affaire soulevée d'ailleurs au grand jour par La Provence dans son édition du vendredi 3avril, et reprise par le Canard enchaîné dans son édition d'hier. Et, en face, le maire qui a répliqué à chaque assaut.
Brièvement sur les faits, la Chambre a révélé que l'ex-directeur de Citadis -société d'économie mixte de la Ville d'Avignon et du Conseil général- a perçu près de 590000€ de primes au moment de son départ en retraite. "Il faut dire qu'il a touché le gros lot avec son parachute doré sur tranche de départ en retraite, s'exclame Christine Lagrange (PS). Comment expliquer à la population avignonnaise ces largesses ? Au moment où le nombre des demandeurs d'emplois ne cesse de croître. Plus de 14,7% en douze mois pour Avignon. Que Michel-Jean Vève n'ait pas démérité, certes, mais combien font correctement un travail payé au Smic ou d'autres contrats précaires mis en place par notre gouvernement ? "Ces primes sont disproportionnées par rapport à la morale mais pas au regard du travail accompli et de la richesse créée sous son autorité" réplique Marie-Josée Roig qui s'attendait bien entendu à cette attaque.
"Dans ces 590000€, il y a deux primes à peu près identiques. L'une exceptionnelle que j'ai signée en 2005 avec le président du Conseil général Claude Haut, qui est un homme sage. J'étais à l'époque présidente de Citadis."Sur la 2e prime, Marie-Josée Roig clame son innocence: "Cette prime était prévue dans le contrat de travail signé en 2002 par Claude Haut."Légale mais moralement contestable, cette prime a ouvert la boite de Pandore. Un élu d'opposition évoque même des voyages au bout du monde payés à des membres du conseil d'administration de Citadis.
Mme Roig répond alors, en choeur avec Claude Haut (par le biais d'un communiqué): attention à "l'amalgame qui pourrait être fait entre le maire, le président du Conseil général et les "élus locaux" qui auraient accompagné la société "en voyage d'étude". Ni le maire d'Avignon, ni le président du Conseil général ne font partie des élus locaux qui auraient accompagné la société Citadis à l'autre bout du monde" ajoute le maire. En d'autres termes, c'est pas nous, mais des élus auraient bel et bien voyagé grâce la SEM. Frédéric Rogier, élu de la majorité et nouvel administrateur de la Citadis, tente de jouer les casques bleus en soulevant la part de sensationnalisme fait par la presse autour d'une structure qui a tellement bien réussi.A suivre Retrouvez la suite des débats du conseil municipal demain dans nos colonnes.
Article: La Provence / Image: Jérôme Rey (La Provence)