Plaidoyer pour nos quartiers populaires!

Publié le par Avignon 2014

berko.jpgLa récente décision du Premier Ministre de reporter d’un an et peut-être deux le vote du plan «Amara» pour les banlieues est stupéfiante pour qui connaît la dégradation de la vie quotidienne dans les quartiers populaires. Le dernier rapport de l’ONZUS (données 2008)  publié en 2009 nous révèle en effet que dans les 751 zones urbaines sensibles regroupant environ 5 millions d’habitants:


• le taux de chômage est de 16,9% alors qu’il est de 7,7% dans les autres quartiers;
• 66%  des jeunes actifs de moins de 25 ans n’ont pas de diplôme;
• 1 jeune sur 4 est au chômage ou en inactivité contre 1 jeune sur 8 des autres quartiers;
• 1 personne sur 3 vit sous le seuil de pauvreté soit 3 fois plus que sur le reste du territoire.


Avec cette incertitude autour du maintien de la «Politique de la ville», se profile à la fois le risque de disparition du seul outil d’action publique globale ainsi que la perspective d’une large «ghettoïsation». La «crise», nous disent-ils, explique que l’on passe de l’annonce d’un «plan Marshall» pour les banlieues à  la mise en place «d’un plan rien du tout». La «crise», nous disent-ils,  explique que l’on passe de «peu d’action publique» à «pas d’action publique» dans nos quartiers populaires. La crise est devenu le mot magique de la droite pour justifier l’inacceptable.


La stigmatisation sécuritaire des quartiers populaires semble être désormais la seule réponse d’une certaine droite pyromane pour qualifier ces quartiers. Cela est irresponsable. Ne pas voir qu’associer toute une population qui ne demande qu’à vivre tranquillement à quelques fauteurs de trouble est aussi indigne que dangereux

 

Bien sûr, la «Politique de la Ville» - sa technocratie, son éloignement progressif du terrain - doit être repensé. Bien sûr, c’est vers des politiques publiques locales que nous devons tendre et ne plus nous contenter de décliner des objectifs définis nationalement. En aucun cas le maillage associatif  et humain qui permet de construire du lien avec les habitants ne doit être déstabilisé. Il a fallu près de 30 ans d’action publique pour conforter une telle fonction et il ne faudrait pas que les idéologues libéraux  cassent ce bien commun si précieux. Les banlieues ne sont pas un «autre monde». Les banlieues ne doivent pas devenir un «contre monde» et c’est de notre responsabilité à tous de traiter avec respect et considération les citoyens ordinaires qui les habitent.

 
Il suffirait d’un peu de volonté politique pour mobiliser de façon plus décisive les outils municipaux au service de nos concitoyens. Il suffirait d’un peu de volonté politique pour renforcer les outils d’accompagnement, d’insertion et de soutien. Il suffirait d’un peu de volonté politique pour atténuer les ravages de la politique brutale de Sarkozy.
Mais comment voulez vous que la mairie atténue ces ravages sarkozystes puisqu’elle y participe?


Jean Loup Berko
Elu radical-citoyen 

 

Image: Mairie d'Avignon

Publié dans Jean-Loup BERKO

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